Une solution pour attirer les jeunes médecins

Aucune réelle évaluation de l’amélioration du service rendu par les MSP

Afin de lutter contre la désertification médicale, de nombreuses collectivités financent ces maisons médicales pluridisciplinaires, les MSP. Force est de constater que pour une trop grande majorité d’entre elles, ces MSP sont initiées et occupées par des médecins proches de la retraite au risque d’être vides quelques années après leur ouverture. Néanmoins, ces MSP mettent en place une synergie trans-professionnelle et une authentique coordination des soins, structurant ainsi positivement le paysage médical de notre pays. Ces MSP sont aussi des aubaines financières pour beaucoup de candidats à l’installation. Malgré les coûts engendrés, l’Etat, la Sécurité Sociale, les collectivités territoriales, les associations d’usagers, les politiques, ne font aucune réelle évaluation de l’amélioration du service rendu à la collectivité par les MSP.

Tenir compte des évolutions des aspirations des nouvelles générations de médecins

Afin de renforcer l’efficience des solutions proposées pour lutter contre le recul des installations en ambulatoire, il faut tenir compte des évolutions des aspirations des nouvelles générations de médecins et des données actuelles de la démographie médicale qui montre que sur 2016/2017, 71,9% des nouveaux inscrits à l’Ordre des médecins du Loiret l’ont fait en salariat pur et 6,3% en activité mixte salariat et libéral.

Il serait efficace d’observer les parcours professionnels actuels des nouveaux omnipraticiens et d’écouter leurs légitimes doléances afin d’augmenter l’attractivité de l’installation et d’améliorer leurs formation initiale et conditions d’exercice :

  • « Ce n’est pas que les étudiants ne veulent pas s’installer en zone sous dotée, c’est qu’ils ont peur. L’installation, c’est le moment où les jeunes médecins sont le plus livrés à eux-mêmes », assure William Gens, de L’ Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (Anemf).
  • « Nous souhaitons un renforcement des moyens pédagogiques de la filière de médecine générale. Il faut plus de profs et plus de maîtres de stage parmi les médecins généralistes », rappelle le même Stéphane Bouxom de l’InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale (ISNAR-IMG).
  • « En ce qui concerne l’internat des futurs généralistes, au moins deux stages sur les six devraient être faits en médecine générale » demande Sophie Augros, présidente de Regroupement Autonome des Généralistes Jeunes Installés et Remplaçants (Reagjir).
  • « 90 jours de carence pour un arrêt maladie, c’est problématique », pointe Emilie Frelat, pour le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG), et elle ajoute « il faut une reconnaissance, avec une protection sociale. Ce manque de protection, ça n’encourage pas les jeunes à aller vers le libéral ».

Les jeunes médecins s’installent prés de leur faculté d’origine

Il est par ailleurs démontré que nombreux sont les jeunes médecins qui s’installent près de leur faculté. La création d’un CHU à Orléans permettraient d’améliorer la situation de notre territoire dans l’avenir. CitLab travaille à ce projet.

Une solution qui pourrait séduire nombre de jeunes médecins

Afin d’être en phase avec les aspirations des jeunes générations de Médecins Généralistes, des solutions attractives existent. Dans une de ses chroniques, le Docteur Dominique Dupagne propose une solution qui pourrait séduire nombre de jeunes médecins et qui les sécuriserait. Elle consiste à créer des postes temporaires de médecins salariés (CDD) avec une rémunération de haut niveau et donc particulièrement attractive. Cette solution a déjà été expérimentée avec succès dans la Sarthe, et en Saône-et-Loire.

Ne serait-il pas intéressant de tester cette proposition sur notre territoire particulièrement touché par la désertification médicale ?

Share This