Un CHU à Orléans

Plaidoyer pour une étude d’impact

Le 6 mars 2018, le président de la Région Centre-Val de Loire, François Bonneau, accompagné d’une délégation d’élus dont le Maire et Président de la métropole d’Orléans, Olivier Carré, ont rencontré la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn. L’entretien avait pour objet les questions d’accès aux soins, de désertification médicale et de formations médicales concernant notre région. A-t-on évoqué, avec la Ministre, la possibilité d’un CHU à Orléans ?

La santé doit être considérée comme un investissement

La volonté de répartir au mieux les ressources du pays explique que notre système de santé soit essentiellement appréhendé par les sommes qui y sont consacrées. Ainsi les établissements de soins sont quasi exclusivement examinés sous l’angle des dépenses. Au-delà du bien être qu’elle procure à tout un chacun, la santé doit être considérée comme un investissement qui permet d’améliorer la capacité productive du pays. Il existe indéniablement une valeur ajoutée dans le domaine de la santé mais qui est toujours ignorée. Une étude de l’Insee démontre que les services non marchands, ceux de la santé, de l’enseignement, de l’action sociale et de l’administration, apportent en France la 2ème valeur ajoutée la plus importante après les services marchands (www.insee.fr).

Les CHU participent au dynamisme de la vie économique

L’idée reçue que la santé, et en particulier les soins, sont une charge pour la nation est fausse. Un centre hospitalier est un avantage économique pour son environnement territorial de proximité mais aussi régional et national lorsqu’il est universitaire (CHU). Les retombées directes d’un CHU, liées aux salaires, aux achats, aux investissements et impôts locaux distribués sont des sources de richesse. Les CHU, par leurs activités de recherche et les partenariats scientifiques et industriels qu’ils nouent, participent au dynamisme de la vie économique. Ils permettent de développer des innovations, d’évaluer des technologies nouvelles au service de la population, forment des professionnels médicaux et paramédicaux qui iront parfois essaimer à l’étranger et contribuer ainsi au rayonnement du territoire. Les études d’impact des CHU de Nice et de Limoges sur l’économie de leur département respectif, effectuées par leurs Chambres de commerce et d’industrie (CCI), ont démontré que les retombées directes de ces deux CHU pèsent deux fois plus que leurs dépenses de fonctionnement.

Un élément de premier plan pour le rayonnement de la métropole d’Orléans

Un hôpital universitaire à Orléans (NHUO) aurait un impact positif sur la santé des habitants, vis à vis de la lutte contre la dramatique pénurie d’installations libérales de nouveaux médecins, mais aussi sur la santé économique et sociale du Loiret et des autres départements de la Région Centre Val de Loire. Ce NHUO pourrait bénéficier des crédits pour les Missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (MERRI), dont la plus grande part est actuellement versée aux CHU. Il obtiendrait des dotations supplémentaires de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) auxquels s’ajouteraient toutes les contributions des industriels, les financements sur projet du Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), sans compter les aides aux Missions d’Intérêt Général (MIGAC). Toutes ces allocations complémentaires lui permettraient de se sortir plus facilement des difficultés financières actuelles que connaît le nouvel hôpital d’Orléans. Ce NHUO serait un élément de premier plan pour le rayonnement de la métropole d’Orléans, pour le Loiret et pour toute l’économie et l’attractivité de la région Centre Val de Loire.

La Cour des Comptes ne s’oppose pas à toute nouvelle création de CHU

Dans son dernier rapport, la Cour des Comptes ne s’oppose pas à toute nouvelle création de CHU en France. Bien au contraire, on peut y lire que « la Cour ne propose pas de remettre en cause la structuration actuelle des trente CHU ». Elle dénonce même « un taux d’encadrement défavorable susceptible d’être pénalisant pour les étudiants et les enseignants : il ne permet pas de proposer aux étudiants l’accès à l’ensemble des enseignements de spécialité, ce qui pose la question de l’homogénéité des formations médicales sur le territoire national ». La Cour des Comptes déplore d’une part que « les effectifs de personnels hospitalo-universitaires sont pratiquement stables depuis 2000 et le mode de révision des effectifs hospitalo-universitaires est peu propice à une redistribution par territoire ou par spécialité » et que d’autre part : « ces disparités ne font pas l’objet d’actions correctrices fortes de la part des pouvoirs publics »…

Une étude d’impact économique et social d’un CHU à Orléans

Les décideurs locaux et régionaux hostiles à l’instauration d’un CHU à Orléans seraient bien inspirés d’étayer leur jugement sur des critères impartiaux et intègres afin d’atténuer l’influence du discours libéral ambiant, où la priorité n’est plus l’humain mais la rentabilité.
Pourquoi ne pas demander à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), éventuellement en collaboration avec le Conseil Économique, Social et Environnemental (Ceser) et l’UFR Droit, Economie et Gestion de l’Université d’Orléans, de mener, sans parti pris, une étude d’impact économique et social d’un CHU à Orléans, pour la métropole orléanaise, le département du Loiret et toute la Région Centre Val de Loire ? Une telle étude permettrait de démontrer objectivement aux citoyens et à tous ces électeurs fortement pénalisés par la désertification médicale, la pertinence ou l’inadéquation d’un CHU à Orléans…

1 Commentaire

  1. MEURANT

    Oui au chu à Orleans

    Réponse

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Il faut ajouter un U au nouvel hôpital d’Orléans (NHO) pour qu’il devienne
le Nouvel Hôpital Universitaire d’Orléans (NHUO)

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