Substituer au service des « Espaces verts » celui de la « Biodiversité en ville »

Substituer au service des « Espaces verts »
celui de la « Biodiversité en ville »

Les espaces verts sont de grands pourvoyeurs de CO2

En ville, les espaces verts sont de grands pourvoyeurs de CO2. Ce dernier représente beaucoup plus un danger pour notre environnement que les jolies couleurs des parterres veulent bien nous le faire croire. Quelques opportuns rappels :

  1. Seuls les arbres ont un bilan carbone qui peut s’inscrire dans le principe de développement soutenable. Les plantes et fleurs annuelles ne nous apportent rien en terme de stockage de carbone. Pire, leur production et/ou leur importation sont fortement émettrices en carbone.
  2. On ne peut pas vanter les mérites de la nature, s’y promener, la parcourir à vélo, y courir, en utilisant son véhicule automobile chaque week-end pour le faire et ne pas prendre conscience des enjeux qui se présentent à nous en termes de biodiversité et d’énergie.

L’histoire d’une fleur en ville :

Au commencement, il y a la commande et l’achat de la graine ou du plant qui ne sont pas insignifiants sur le plan énergétique, compte tenu des moyens mis en œuvre pour la recherche, sans mentionner l’ADN transgénique.
Après le choix de la graine ou du plant, il y a son acheminement, la mise en pot dans un terreau, sans doute lui-même provenant d’un lieu éloigné de France ou d’Europe.
Pour une pousse rapide, des engrais (c’est une fois encore beaucoup d’énergie pour les produire et les acheminer), une serre chauffée et enfin l’eau pour arroser et nettoyer…
Mais bientôt, la plante est prête : Dépotage et rempotage (pots en plastique, machines électriques…) puis départ en camion vers sa destination finale.
Pour l’accueillir, le sol a été préparé et enrichi en terreau et/ou en engrais (encore de la production et de l’acheminement).
Ça y est, la plante est belle, la ville reçoit un prix pour son fleurissement et les élus, des félicitations. Ses branches et racines vont alors stocker un peu de carbone.
Mais il faut qu’elle reste belle ! Pour cela, il est nécessaire de l’arroser très régulièrement par un système en « plastique » qui trop souvent gaspille beaucoup d’eau. Soyons encore plus « mauvaise langue » : il s’agit d’eau potable qui est ainsi dilapidée ! Or, annuellement, il pleut à Orléans entre 500 à 600 litres d’eau par m2. Alors que des millions de m2 de toitures reçoivent des centaines de milliers de m3 d’eau de pluie pour les déverser dans les égouts, rien n’est prévu pour raccorder l’arrosage à cette eau quasi gratuite.
Pour finir, la plante meurt. Parfois on l’aide un peu, car il faut bien changer de couleurs pour une fête ou simplement varier. C’est alors l’arrachage et l’acheminement de la plante jusqu’à son incinération, ou mieux, à son compostage. Que ce soit pour l’une ou l’autre solution de retraitement, le carbone, jusqu’alors stocké par la plante, est à nouveau envoyé dans l’atmosphère.

Essayons de pratiquer autrement

J’imagine déjà les récriminations : « la ville est triste et grise sans fleurs et verdure » ou « la déprime va s’installer » ou encore « on ne peut plus rien faire »… Essayons néanmoins de pratiquer autrement pour le confort de la ville et de ses habitants. Afin d’y parvenir, trois fondamentaux :

  • Faire de l’ombre
  • Disposer du phénomène d’évapotranspiration
  • Piéger les poussières.

L’ombre du feuillage d’été abaisse la température de la ville. L’évapotranspiration l’abaisse également et permet surtout le maintien d’une hygrométrie dont les asthmatiques savent qu’elle est primordiale à la santé. Les végétaux retiennent les poussières et l’air respiré est ainsi plus sain.

La plantation généralisée d’arbres, la transformation des grandes surfaces engazonnées (enrichie en engrais et arrosée) en prairies fleuries libres et naturelles, la végétalisation des toitures, doivent offrir une ville différente, tout aussi agréable à contempler.
Les graines et plantes utilisées doivent l’être pour plusieurs années et d’origine locale. Il en va de l’identité d’un paysage et du respect des logiques climatique et biologique. Les montées en graine doivent également être privilégiées au bénéfice des abeilles et autres pollinisateurs. L’ensemencement naturel pourra trouver ainsi des conditions de réussite optimale. La récupération des graines, mais aussi le scindement, le bouturage peuvent également être envisagés. Les bois morts ou issus de la taille serviront éventuellement de granulés pour les chaudières collectives.
Il y a bien d’autres idées et chacun de nous en met en pratique chaque jour. Il faut aller encore plus loin…
Alors, la biodiversité va y gagner et nous aussi.

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