Plan gouvernemental de lutte contre les déserts médicaux

Les déserts médicaux préoccupent le gouvernement. Le 13 octobre dernier, le premier Ministre, Edouard Philippe, accompagné de sa Ministre de la santé, Agnès Buzyn, a présenté son plan de lutte contre la « désertification médicale ».
Les sept mesures décidées :

  • Le nombre de maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) va être doublé sur 5 ans avec 400 millions d’euros par an. Encore faut-il des médecins pour les remplir. Ces MSP poussent déjà un peu partout sans vraiment apporter la solution attendue à la « désertification médicale » même si elles répondent à la demande de sortir de l’exercice solitaire des jeunes professionnels de santé . En effet, si elles engendrent de belles opportunités financières pour les candidats à l’installation, parfois elles restent désespérément désertées après le départ en retraite des médecins à l’origine du projet.
  • La mise en place de la télémédecine va être accélérée. Or la télémédecine n’est pas un acte technologique mais bien un acte médical à part entière avec la nécessité d’avoir des médecins en amont et en aval. Si la télémédecine ne résout pas la pénurie médicale, elle permettra aux patients de territoires démunis d’accéder à des avis médicaux. Par ailleurs, son financement, son cadre réglementaire, sa nomenclature, les indicateurs de qualité, la formation des médecins ne sont pas encore prévus au sein de la sécurité sociale, ni dans les instances professionnelles.
  • Le gouvernement a promis d’assouplir, dans les zones déficitaires, la réglementation qui permet aux médecins retraités de continuer à exercer. Les vieux : au boulot !
  • Le gouvernement a décidé de financer la création de 300 postes d’« assistants partagés » dans les zones fragiles. Le double statut d’hospitalier et de libéral sera ainsi autorisé.
  • De plus il sera donné la possibilité pour un médecin salarié hospitalier d’aller exercer momentanément en zone fragile. Ce sont « les consultations avancées ».  Mais il est à craindre que ces deux décisions soient peu productives et qu’il y ait peu de candidats pour aller « prêcher la bonne parole médicale dans les déserts » : Travailler en ambulatoire ne s’improvise pas.
  • Le stage en médecine ambulatoire sera conforté par une revalorisation de 300€ pour l’indemnité des médecins maîtres de stage exerçant en zone déficitaire.
  • Par ailleurs, le gouvernement veut encourager les contrats de médecins adjoints dans les zones désertes. Ceci permettrait aux internes de seconder momentanément un médecin libéral.
    Ces deux dernières mesures étaient attendues par la profession.
    Il est à noter qu’il n’est pas prévu d’augmentation du numérus clausus, ni de toucher à la liberté d’installation.
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