Parole de femmes hier, la parole aux femmes aujourd’hui !

Le vent de l’égalité souffle sur le monde.

Nous changeons d’ère et c’est auprès de vous que nous voulons nous en réjouir. Pour la 24ème édition du festival international des cinémas d’Asie (FICA) de Vesoul a sélectionné 1 tiers de films sur la thématique « paroles de femmes ». A la suite de l’accusation de harceleur sexuel du producteur Weinstein par des actrices aux USA, enfin la parole des femmes a déferlé sur les réseaux sociaux #balancetonporc et metoo. La parole des femmes dit ce qui se passe c’est tout. Pas de mort, pas de blessé, juste ce que certains hommes se permettent sur des femmes en pensant que c’est leur droit. Mais le vent est puissant. Il n’y a pas plus de violences envers les femmes, il y a une prise de conscience que c’est intolérable. Alors le vent souffle sur tous les continents. Lors de la remise des Golden Globes le 7 janvier 2018 à Los Angeles, plusieurs centaines d’actrices vêtues de noir ont affiché leur solidarité avec les femmes victimes d’agressions sexuelles. La réalisatrice italienne Asia Argento a attaqué le petit groupe de signataires françaises après leur tribune du 10 janvier 2018 dans le Monde sur « la liberté d’importuner ». Elle parle de misogynie intériorisée. Elle n’a pas tort. Le vent souffle encore. L’acteur Casey Afflec oscarisé en 2017 ne remettra pas l’oscar de la meilleure actrice le 4 mars 2018. Il est accusé de harcèlement sexuel. Je ne vais pas faire la liste des personnalités très haut placées dont les agissements sont enfin mis à jour.

On peut se sentir solidaire d’une injustice sans jamais l’avoir éprouvée.

Dans un domaine hautement misogyne comme le football, il doit falloir un degré d’autorité supérieur pour accéder au poste de sélectionneuse des joueuses de football. Elisabeth Loisel était jusqu’à la nomination de Corinne Diacre le 30 août 2017 l’unique femme à avoir occupé ce poste successivement tenu par 3 hommes depuis 10 ans. Plus près de nous, des 17 – 18 ans plaident dans le cadre du concours de plaidoiries lycéennes du mémorial de Caen. Lors des finales régionales un binôme mixte de mes élèves a plaidé pour la fin des mariages forcés. La finaliste ira plaider à Caen pour dénoncer l’interdiction de l’avortement au Salvador. On sait qu’il n’y a pas qu’au Salvador que ce droit est interdit ou remis en question.

Michelle Perrot dénonce et parle de sa sidération devant : « l’absence de solidarité » des femmes qui ont peur pour leur féminité et leur capacité de séduction. Pour Michelle Perrot, la protestation des femmes ne saurait être assimilée à une plainte qui les enfermerait dans le statut d’éternelles victimes. Au contraire cette protestation à la fois individuelle et collective fait d’elles des actrices qui refusent et résistent à une pression, à une domination dont elles ne veulent plus. La force de cette parole enfin libérée est de dénoncer un système de domination considéré comme tellement normal qu’il est indécent d’en parler. Je reprends avec Michelle Perrot ce qui me semble insupportable ! Dire que ce qui peut arriver à notre corps n’atteint pas notre dignité ! Car nous ne sommes pas réductibles à notre corps. C’est oublier les revendications du mouvement de libération des femmes des années 1970 « notre corps nous appartient » « notre corps, nous-mêmes ». Lutte pour l’IVG, contre le viol (procès d’Aix-Marseille en 2978 avec Gisèle Halimi) contre les violences envers les femmes dans le travail, puis dans la sphère conjugale.

 

 

Geneviève Fraisse, la philosophe dit bien que l’histoire est sexuée. Louise Michel passe en conseil de guerre après la Commune. Elle dit : je ne suis qu’une femme et je ne vais pas me défendre. Nous sommes en 1871 ! Depuis 147 ans nous continuons ce combat, il n’y a pas de KO du système de domination, juste un round qui vient de se tenir. Ce qui est grave c’est que le contrat sexuel est posé dans le contrat social. Nous sommes des lignées de femmes exclues inclues. Ce qui compte maintenant c’est le changement des mentalités. Il reste beaucoup à faire à cet égard.

La parole aux femme

Bioéthique, six mois de débats pour une loi ! Tous les 7 ans la France doit réviser sa législation en matière de bioéthique. Du 18 janvier au 7 juillet 2018 les chercheurs, les religieux, les intellectuels sont sollicités par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) pour apporter leur point de vue : faut-il autoriser, interdire, contrôler les pratiques telles que la PMA, la fin de vie, la médecine prédictive, la gestation pour autrui, la modification du génome ? Entendrons-nous la voix des femmes ? Pas si sûr ! Ce n’est que tous les 7 ans que l’on peut prendre la parole sur ces sujets qui touchent avant tout les femmes. Or, ce sont comme toujours les moins sollicitées. En janvier 2018 le journal La Croix publie un sondage sur la P.M.A. 60 % des personnes interrogées y sont favorables. Nous aurons certainement d’autres questions à évoquer telles que : le secret des origines. C’est-à-dire l’histoire de la venue au monde d’un enfant né de don et s’il le souhaite à sa majorité le nom du donneur. Mais aussi le rôle des parents dans la famille : le parent biologique, le parent d’intention. De belles familles toutes légitimes.

Le combat de la mixité

Nos objectifs sont simples. Nous voulons déconstruire ce système de relations de genre qui provoque un système de domination sur les uns et sur les autres. Ce système définit les normes du masculin et du féminin à un moment donné dans une culture donnée. Nous ne voulons pas que le sexe biologique détermine les rôles et provoque les hiérarchies. Femmes et hommes sont soumis à ce système de genre. Il faut casser les genres. N’oublions pas qu’actuellement les garçons représentent 1,5 % des professionnels de la petite enfance, 17 % des élèves infirmiers mais 85 % des filles sont dans les formations paramédicales.

S’il faut changer, c’est tout de suite. Mes vœux pour tout de suite, inclure les deux sexes dans ce combat de la mixité. C’est un bel objectif. Merci de vouloir partager l’égalité.

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