La nécessaire et urgente transition des paysages urbains et suburbains

La nécessaire et urgente transition
des paysages urbains et suburbains

Le développement durable, souvent affiché et beaucoup vanté, n’est nulle part réellement présent. Il s’agit souvent d’un alibi dont peu de gens sont réellement dupes. Cette notion appartient au verbiage des communicants, que malheureusement beaucoup utilisent, et n’est plus crédible ni recevable.

Les enjeux climatiques urbains

Les conditions de la pensée architecturale, urbaine, métropolitaine, périurbaine et territoriale ne peuvent plus se contenter de ce qu’il se fait aujourd’hui.
L’on peut même affirmer que face aux enjeux climatiques, d’inconfort et de santé publique immédiats, les modalités de la conception, de la construction et de la gestion de la ville doivent immédiatement et radicalement changer.
Les risques climatiques globaux mais aussi locaux, s’amplifient et s’accélèrent. La ville et ses habitants ont besoin de forger des résiliences protectrices. Durant les grosses chaleurs estivales, il est nécessaire de se préserver de leur inconfort épuisant parfois implacable lors des canicules, de plus en plus fréquentes. La ville toute entière doit s’ouvrir à la biodiversité malheureusement en constante diminution. Pourtant annoncée, décrite et analysée depuis des dizaines d’année, cette catastrophe est maintenant sous nos yeux¹-².

Les causes urbaines du réchauffement

Il n’y a de moins en moins d’industries en France et sa pollution est donc externalisée vers les pays en voie de développement. La principale cause de pollution de nos villes est due à l’automobile : combustion des carburants – pulvérisation de particules fines et poussières de tous ordres – imperméabilisation et occupation des sols pour les voies de circulation et de stationnement – nuisances sonores – violences routières – réchauffement direct, etc…
Les autres causes sont le chauffage domestique (combustion, fumées, réchauffement direct) et la climatisation (bâtiments et automobiles) qui produit plus de chaleur que de froid et entraîne une consommation accrue de carburant et d’électricité, générant ainsi une pollution supplémentaire. L’utilisation des climatiseurs est également responsable de maladies respiratoires en rapport avec le développement de bactéries dans les canalisations (légionellose) et les changements brutaux de températures physiologiquement mal supportés.

Le cercle vicieux de l’ICU

En milieu urbain, le réchauffement est amplifié par ce que l’on nomme « l’îlot de Chaleur Urbain » (ICU)3. La chaleur des différents appareils, les formes urbaines et architecturales et certains matériaux accentuent la chaleur intra-urbaine pour créer l’ICU qui, en bloquant les circulations d’air dissipant la chaleur, se renforce de plus en plus. La chaleur augmentant, les bâtiments mal isolés, mal ventilés et sans inertie, consomment plus de climatisation et accentuent la chaleur de la ville et l’ICU.

Renforcé, celui-ci mettra plus de temps à se dissiper, raccourcissant ainsi le refroidissement nocturne. Dès les premières heures d’ensoleillement et le retour de la circulation automobile, l’ICU se réactive de plus en plus rapidement et provoque l’étouffement progressivement de la ville, l’usage immodéré de la climatisation et ainsi de suite…

Appliquer de nouveaux concepts

Afin de libérer la ville et ses habitants des contraintes issues de concepts anciens devenus dangereux, il faut en appliquer de nouveaux issus de la transition énergétique et écologique et abandonner toutes les pratiques productrices nettes de C02. Il faut en prendre conscience maintenant pour se saisir du projet de la ville post-carbone et disposer immédiatement de paysages urbains résilients tant sur la question du CO2, que les extrêmes chaleurs et la biodiversité,… Pour ne citer qu’un exemple, le fleurissement tel qui est pratiqué aujourd’hui est producteur net de CO² 4.

En analysant les actions urbaines, architecturales et paysagères actuelles, l’on trouvera partout des sources pour réduire les émissions de CO2 et améliorer notre confort. C’est par un échange entre l’expérience du vécu citoyen et les différentes disciplines que l’on co-construira de “bons“ projets qui, associant le combat contre le réchauffement climatique (macro) et le confort et la sécurité sanitaire (micro), généreront du bien-être pour tous. Pour y parvenir, la création d’un atelier transdisciplinaire et citoyen de paysages urbains sera proposé.

Un prochain article présentera une méthodologie pour une observation précise de la ville et des phénomènes physiques à l’oeuvre, ainsi que les stratégies d’évitement, de réparation, de régénération, de création, etc… (sans oublier que tout est interdépendance et interactivité).

1 : La sixième extinction de masse des animaux s’accélère :
www.lemonde.fr 10/07/ 2017

2 : La Sixième Extinction, comment l’homme détruit la vie – Elisabeth Kolbert – Prix Pulitzer 2015.

3 : Le phénomène de l’ICU

4 : Le service “Biodiversité en ville“ remplace le service “Espace Vert“ ! (texte de Jacques Boulnois et Quentin Monroty – 2008)

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