La mixité

La mixité (en botanique ou en neurologie) qui obéit à la loi naturelle, va de soi, il en est tout autrement de la mixité sociale, religieuse, économique, culturelle, et scolaire. Dans ces domaines la cohabitation des complémentarités est loin d’être spontanée, peut-être parce qu’elle relève du contrat social.

La mixité a de multiples aspects. Certains dérangent nos habitudes quotidiennes . Voici quelques titres de nos média préférés : « Une nouvelle politique de la mixité à imaginer pour « déghettoïser » les cités ; Sexisme, harcèlement de rue, mixité : les femmes à la reconquête de l’espace public ; Ce que peut apporter l’écriture inclusive à l’égalité femmes-hommes, etc… »
« Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? Qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ? Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique. De Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome, le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme. » Olympe de Gouges morte à l’échafaud le 3 novembre 1793.
Force est de constater, comme nous le rappelle la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, que si les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, les femmes, elles, se cachent, sous l’argument de certains compatissants, derrière la majuscule du « H ». Fallait-il le deviner ! Cette convention, dont les femmes ont été exclues aurait gagné en force tant au plan national qu’international si elle avait été accompagnée du féminin comme le proposait Olympe de Gouges dans sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791.
Avant de nous guérir de cette erreur, certains parlent de parité, la belle affaire!

La mixité n’impose pas la parité mais l’égalité des droits.

Acceptons le fait que la femme était entendue à l’égal de l’homme dans cette déclaration. La réalité des faits nous contraint à convenir que dans le monde du travail là où l’homme s’est tant battu pour ses droits, cette soi-disant mixité ne se traduit pas par une égalité femme, homme de ces mêmes droits. A compétences identiques, avec les mêmes diplômes, pour des tâches similaires, dans des conditions de travail semblables, les femmes n’ont pas le même salaire que les hommes. Je ne sais pas pourquoi dans le monde mais en France la raison réside peut-être dans la deuxième partie de la phrase de l’article premier de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Concluons donc que la société juge les hommes plus utiles que les femmes.
Alors que l’homme trouve cela parfaitement normal, certains clubs féminins se demandent encore pourquoi la femme pour avoir les mêmes droits que l’homme doit se dépasser dans tout ce qu’elle fait, pourquoi elle hésite tant à créer son entreprise, à solliciter un emploi à la juste valeur de ses compétences, pourquoi sa participation à la vie politique n’est pas une évidence, etc.
La mixité ne peut être obligatoire, mais l’interdiction faite aux femmes d’adhérer à telle ou telle association doit être condamnée. Quelle légitimité peut avoir une assemblée 100% masculine qui pense, et décide pour les femmes ?
Je soutiens les hommes qui réclament les mêmes droits que les femmes dans cette pétition en faveur de l’allongement du congé parental pour les papas, mais je ne félicite pas l’entrepreneur(e) qui embauche des femmes pour baisser la valeur de sa masse salariale.
Si nous sommes prêts à mettre en cause avec l’écriture inclusive notre langue française déjà bien malmenée, si nous ne pouvons toujours pas corriger nos droits de l’homme et du citoyen, commençons par supprimer la majuscule « H » qui cache 50 % de l’humanité et utilisons le féminin à bon escient.
C’est le propre de l’homme d’inventer des mots et de ne savoir comment ensuite les faire vivre, tel est le sort de « mixité ». Il aurait nécessité plusieurs pages qui auraient évoqué la mixité et la paix, celle qui existe lorsque l’intérêt de l’un rejoint l’intérêt de l’autre dans un parfait respect et un juste équilibre des forces, des droits et des libertés ; il aurait encore servi mieux à relancer le progrès qu’à le définir, car enfin n’y a-t-il jamais eu de vrai progrès au sens d’amélioration de la condition de vie de tous les humains sans une réelle mixité ?
Je vous laisse cher lecteur et chère lectrice, le soin d’écrire ces pages…

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