Faire vivre la démocratie sur Orléans-Métropole

Faire vivre la démocratie sur Orléans-Métropole

La nécessité de la solidarité dans les projets métropolitains

Orléans-Métropole, nouvelle configuration territoriale, se devrait de mettre en chantier des projets solidaires, cohérents, transparents, dans l’intérêt général et surtout en rapport direct avec le réel et le quotidien de ses 280 000 habitants.
Les projets métropolitains doivent avoir deux visées : attractivité et solidarité.
Tout d’abord, il faut accompagner les programmes présentant les plus forts potentiels d’attractivité et d’innovation pour notre métropole.
Le deuxième enjeu, celui de la solidarité, est d’assurer une harmonisation et un rééquilibrage de tous les secteurs géographiques dans la mosaïque des 22 communes associées, tant sur les plans économique, industriel, administratif, touristique que de l’habitat, des zones de vie et des services. Les choix sur les projets attractifs ne devront pas marginaliser un peu plus les zones métropolitaines les plus fragiles et entraîner l’abandon de certains territoires isolés. Les secteurs vulnérables devront être particulièrement épaulés afin de mettre en place une authentique égalité des chances sur tout le périmètre métropolitain.

La gouvernance métropolitaine

La gouvernance métropolitaine actuelle est dirigée par un Conseil composé de 95 membres titulaires dont 2 suppléants (un pour chaque commune de moins de 1000 habitants : Bou et Combleux). Ce Conseil métropolitain, réuni une fois par mois, vote le budget et décide des grands projets. Il est accompagné dans ses décisions par le Conseil de Développement d’Orléans-Métropole, composé de 51 membres bénévoles (dont 41 titulaires), représentants de professions libérales, universitaires, dirigeants ou cadres d’entreprises de services, artisans, commerçants, industriels, syndicats, répartis en trois collèges : Vie économique et sociale – Vie quotidienne – Personnalités qualifiées. Une concertation apaisée entre les élus, représentant les 22 communes, a permis d’élaborer un «pacte de confiance et de gouvernance métropolitain» basé sur la diversité des communes représentées et la pluralité politique en présence. Si cette entente constructive permet un salutaire et intelligent changement d’état d’esprit, avec une vraie volonté des décideurs de travailler tous ensembles, elle fait courir le risque que ces personnalités politiques et les membres cooptés, s’isolent et s’accaparent, seuls et sans réelle concertation, la gouvernance d’Orléans-Métropole.

Conjuguer démocratie participative
la plus large et démocratie délibérative

Les élus ne doivent pas oublier qu’ils sont au service des citoyens vivant sur Orléans-Métropole et qu’ils ont l’obligation républicaine et démocratique de les consulter et de les impliquer dans leurs projets communautaires. Pour que toute la population soit concernée et y trouve son compte, il est nécessaire qu’elle participe démocratiquement à la définition et à l’élaboration du modèle urbain à venir.
Conjuguer démocratie participative la plus large et démocratie délibérative, faire coïncider une administration efficace et démocratiquement contrôlée avec la réalité de ce que vit la population, voilà ce que devraient être les objectifs prioritaires des élus métropolitains. C’est ainsi que seront libérées toutes les forces vives et les énergies du territoire. C’est ce défi démocratique que les élus métropolitains doivent relever.

Le Conseil citoyen

Dans ce contexte de faire participer le plus grand nombre de citoyens aux décisions publiques, pourquoi ne pas mettre en place un Conseil citoyen indépendant aux côtés des acteurs institutionnels. Ce Conseil citoyen serait composé par tirage au sort, basé sur un authentique panel représentatif de la population métropolitaine.
D’autres villes ont su créer ces conseils qui favorisent l’expression des habitants et usagers, de ceux qui n’ont jamais la parole, que l’on croit incapables d’idées, que l’on ignore constamment voire que l’on méprise.

Pourquoi ne pas envisager, afin que les habitants de la Métropole soient partie prenante, de mettre en place un système de labélisation citoyenne des projets à visée métropolitaine ?
Pourquoi ne pas faire élaborer et définir, par la population, des critères et des marqueurs d’intérêts communs métropolitains ?

Le projet Co’Met, comme laboratoire
de cette démocratie participative

Le projet CO’Met, adaptation de la défunte Arena, renouvelant le parc des expositions, ajoutant au Zénith une salle de sports et un palais des congrès, s’il peut être considéré comme un réel projet ambitieux pour Orléans-Métropole, est un véritable déni de démocratie. Le projet CO’Met a été imposé sans concertation. Compte tenu de l’ampleur du montant de ce projet, plus de 100 millions d’euros, et de l’absence de son annonce préalable au moment des élections municipales, un Conseil citoyen indépendant pourrait être utilement consulté.
Prendre six mois pour discuter et impliquer les orléanais, est-il vraiment trop demander pour un projet de ce calibre ? A Nantes, dans le cadre du projet urbain de l’Ile-de-Nantes, un groupe d’habitants a rédigé un « livret des attentes citoyennes » et a pu échanger avec les équipes candidates pour émettre un avis.

La priorité d’Orléans-Métropole

Orléans-Métropole ne doit pas avoir pour objectifs essentiels de mutualiser les personnels, de regrouper les services, de fusionner les moyens techniques afin de faire d’improbables économies d’échelle. Si ce n’était que cela, alors Orléans-Métropole ne deviendrait qu’une machine technocratique supplémentaire et dispendieuse, une fiction politique se nourrissant de discours et exacerbant un peu plus la dangereuse désaffection citoyenne pour la vie politique, tristement illustrée par les records d’abstentions lors des dernières élections…
La priorité d’Orléans-Métropole doit être l’écoute de sa population, afin d’être un outil authentiquement démocratique au service de l’intérêt général véritable et attesté.
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