Construire une cohésion autour de projets d’intérêts communs

Construire une cohésion autour de projets d’intérêts communs?

Depuis le 1er mai 2017 « Orléans-Métropole » comprenant 280 000 habitants répartis sur 22 communes a vu le jour.

Deux importantes et incontournables interrogations

Au delà d’une nouvelle organisation administrative et politique, d’une modification de la gouvernance des vingt deux communes associées, d’une réévaluation des compétences et de l’intérêt du processus de rationalisation économique, il persiste deux importantes et incontournables interrogations

  1. Que faut-il pour qu’il existe une réelle cohésion d’Orléans-Métropole, tangible et positive pour toute sa population ?
  2. Quels intérêts concrets, car ils restent à ce jour spéculatifs, les habitants de cette nouvelle zone orléanaise peuvent-ils y trouver ?

Construire une cohésion métropolitaine et répondre aux préoccupations de la population

Les déclarations d’intentions ne suffisent pas. Il est impératif de construire une cohésion métropolitaine et de répondre aux préoccupations essentielles de sa population.
C’est en réussissant ces deux enjeux décisifs et prioritaires que cette nouvelle entité administrative ne sera pas considérée comme superflue, redondante et une inutile strate administrative supplémentaire, créée pour éteindre une stérile et vaine querelle de pouvoirs entre élus locaux-régionaux.
Afin de construire et d’affirmer une cohésion identitaire forte pour Orléans-Métropole, il est nécessaire de définir et de cibler démocratiquement des projets concernant tous ses membres. Ce sera possible si chaque habitant, vivant dans son périmètre, y trouve un bénéfice indiscutable et voit son quotidien véritablement amélioré. La cohérence et l’intérêt pour la Métropole deviendront alors concrets, visibles et profitables, permettant à sa population d’y adhérer collectivement, de se l’approprier avec empathie et d’avoir ainsi un fort sentiment d’appartenance.

Deux grands projets communautaires à débattre

L’affinité de la population pour sa métropole ne se décrète pas, ne se déclame pas, ne s’impose pas. Elle doit se vivre autour de projets structurants, partagés par tous et solidaires. Ces projets peuvent et doivent être ambitieux, attractifs et innovants mais ont surtout l’obligation de répondre aux préoccupations et aux doléances exprimées par la population métropolitaine. Deux grands projets communautaires et répondant aux difficultés de la population pourraient être utilement envisagés, étudiés et débattus :

Ajouter un U au nouvel hôpital d’Orléans

L’offre en santé est dramatiquement défaillante sur le territoire métropolitain orléanais et inquiète l’ensemble de sa population. Cette déficience délétère ne sévit pas àTours car il est démontré qu’une proportion importante de jeunes médecins s’installe à proximité de leur faculté d’origine. La pyramide des âges des médecins, l’absence incompréhensible et inadmissible d’augmentation du numérus clausus pour la faculté de médecine deTours, alors que la répartition du nombre d’étudiants reçus en 2ème année relève d’une concertation avec les doyens, vont encore terriblement aggraver le déficit de la démographie médicale orléanaise et loirétaine. L’hôpital d’Orléans La Source est le seul Centre Hospitalier Régional (CHR) français non universitaire. Orléans-Métropole est l’unique métropole dépourvue de Centre Hospitalier Universitaire (CHU). Il n’existe pas de capitale régionale sans CHU en dehors d’Orléans. Il y a en France 32 CHU et tous les chefs lieux de région, toutes les métropoles en possèdent un. Cette anomalie est un handicap rédhibitoire pour devenir attractif aussi bien pour de futures installations de médecins, que pour être dans le peloton de tête des nouvelles métropoles. Cette exception orléanaise est essentiellement due à l’opposition historique et réussie de la ville de Tours. Les maires successifs de Tours comme les doyens de la faculté de médecine tourangelle, aidés par la passivité complice de la présidence régionale, ont toujours réussi à faire capoter les projets universitaires orléanais tout en laissant croire, afin de gagner du temps, à une possible collaboration ou complémentarité. Orléans-Métropole possède un magnifique nouvel hôpital (NHO) et dans certains domaines de remarquables médecins chercheurs. A proximité du NHO existe un campus universitaire digne des meilleurs sites états-uniens. De nombreux médecins hospitalo-universitaires parisiens voient leur carrière bloquée compte tenu de leur nombre pléthorique. Il y a là une opportunité à saisir, d’autant que les amphithéâtres de médecine tourangeaux sont saturés d’étudiants en provenance du Loiret.

Réaliser une gare unique aux Aubrais

La gare d’Orléans est un cul de sac où très peu de trains de grandes lignes arrivent ou partent. Dans le cadre d’un plan de déplacement cohérent et global, la question d’une gare unique se pose. Déjà envisagée en 1945 au moment de la reconstruction après les destructions dues à la guerre, elle serait une avancée réelle et appréciée par les milliers de voyageurs métropolitains qui empruntent quotidiennement le rail pour se rendre à leur travail. Cette possibilité de gare unique, que l’on pourrait nommer « Gare Orléans Métropole », s’ouvre à nouveau, puisque la participation à la gouvernance et à l’aménagement des gares font désormais partie des prérogatives de la métropole. C’est une occasion inespérée de concrétiser cette idée en la couplant avec le projet de grande envergure Interives. La création de ce nouveau quartier, associant commerces, activités économiques, logements, espaces verts et équipements publics démarre, ainsi que des travaux SNCF de réaménagements et d’accessibilité de la gare de Fleury les Aubrais. Cette gare unique « Orléans-Métropole » deviendrait non seulement un projet emblématique et identitaire, utile à de très nombreux habitants de la métropole, mais permettrait également de libérer des dizaines d’hectares de foncier entre l’avenue de Paris et l’avenue de Munster !

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