Edito

EDITO Le populisme par Marjorie Gadenne                                                                 

EDITO

Questionnez cent personnes au sujet du populisme et vous obtiendrez autant de définitions totalement différentes les unes des autres…

Cette notion a largement évolué avec les années, suivant la géographie et les mouvements politiques qui s’en sont emparée de manières diverses.

Sa racine évoque le peuple, au centre de toutes les revendications dans une attitude « anti-establishment ».

Dans un monde devenu hyper complexe, la simplicité du verbe, l’adresse directe, l’immédiateté et le discours émotionnel visent à interpeller les électeurs qui ne se retrouvent plus dans les rouages des systèmes électoraux et les idéologies devenues illisibles.

Le populisme serait donc réactionnaire et d’ultra droite. Mais pas seulement ! Un contre-exemple austral apparaît, avec l’Argentine de Perón, d’une ambiguïté redoutable sur la question. Le Brésil fut également une terre d’élection du populisme, de Getúlio Vargas à Fernando Collor. Et actuellement, un populisme de gauche se donne libre cours au Venezuela (Hugo Chavez) et en Bolivie (Evo Morales).

 

Les divers populismes regroupent des personnes de toutes catégories sociales, origines, professions, confessions, croyances, partis politiques… agissant comme une semence capable de s’adapter à tous les terrains. Cette diversité pourtant encourage son leader à ne considérer qu’un seul peuple uni et indivisible, générant une grande ambiguïté.

Ils peuvent naître d’une conception de la société coupée en deux : 1% représentée par une élite et 99% par le reste de la population qui se sent flouée, sans aucune maîtrise de son sort économique, culturel, etc. Le populisme aspire donc à une protection forte, incarnée par un leader parfois fantasmé, charismatique et médiatisé à l’excès, prétendant représenter à lui-seul la volonté de tous.

Le peuple n’aurait qu’un seul moyen d’expression directe : les élections dont les dispositifs seraient manipulés par les élites hautement diplômées et aux pouvoirs étendus. Aussi, il revendique à tour de bras le référendum, un outil simplissime en apparence.

Les réseaux sociaux jouent également un rôle d’importance grandissante, laissant la place belle à l’expression sous toutes ses formes. Plus populaires que jamais, ils relaient facilement la force du discours politique. Le leader entretient alors un dialogue privilégié et presque intimiste avec ses interlocuteurs. En 2017 seulement, Donald Trump a généré près de 330 millions de mentions sur Twitter…. Comment alors réaliser un meilleur score au moindre effort ???

Marjorie Gadenne

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