Intelligence artificielle et revenu universel

LE REVENU UNIVERSEL DEXISTENCE pourrait devenir indispensable avec la « fin du travail ». En effet, la quantité de travail humain nécessaire pour produire les biens et services dont nous avons besoin sera désormais toujours plus faible, ou encore un nombre d’heures de travail toujours plus réduit permettra de faire face à nos besoins.

La thèse de Jeremy Rifkin (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Rifkin) est que le secteur primaire et secondaire ne nécessitent désormais plus qu’une main-d’œuvre réduite, étant donné leur haut niveau d’automatisation, et qu’il en va de même pour le secteur tertiaire, sauf pour les activités à très haute valeur ajoutée.

Ainsi, une grande partie de la population, qui est aujourd’hui moins experte, moins qualifiée et moins diplômée, pourrait se retrouver sans emploi et avoir besoin de revenu pour subsister et aussi pour se former aux nouvelles technologies.

Une question se pose : comment financer le revenu universel ? pourrait-il être alimenté uniquement par le fruit du travail des IA ?

Outre les impôts, certains, comme le sociologue Antonio A.Casilli (En attendant les robots – Collection La Couleur Des Idées – Seuil), suggèrent de se tourner vers le digital labor : la richesse que nous produisons en nous rendant sur le Web et dont nous ne bénéficions pas.  Pour l’anthropologue Paul Jorion (https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Jorion) l’automatisation engendrera des gains, qui seraient répartis à travers une « allocation universelle », financée par les entreprises de robotique et d’IA.

 Notre relation au travail va-t-elle ainsi se transformer avec le développement des intelligences artificielles ?

Le travail n’est pas seulement alimentaire, mais avant d’être une source de développement personnel et d’épanouissement, c’est le moyen d’acquérir un statut, une position dans la société. Pour Christian Arnsperger, économiste, le vrai risque est de voir s’accroître les inégalités,avec « une société abandonnant une partie de ses citoyens à la seule maxime du pain et des jeux, comme la Rome antique et ses milliers d’inactifs ». C’est aussi ce que craint Jean-Gabriel Ganascia, expert en IA. Selon lui, pas de fin du travail avec les machines, mais une société encore plus inégalitaire, avec une classe oisive, ne percevant qu’un « revenu de subsistance », et une classe active bien rémunérée, exerçant de tout nouveaux jobs hautement qualifiés. 

L’équation travail-revenu-développement intellectuel est complexe. Ses trois éléments, alimentés ou non par les IA, font débat.

Il ne sagit plus de savoir si les IA vont remplacer lhumain, ni le dépasser, mais de reconsidérer totalement nos relations au travail, au développement intellectuel, au vivre ensemble et aux revenus.

Marjorie Gadenne

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