Le numerus clausus détermine le nombre d’étudiants accédant à la deuxième année des études médicales. Le gouvernement fixe initialement le nombre total. Après consultation des doyens des différentes facultés de médecine et des Agences régionales de santé (ARS), la répartition du numérus est faite selon des critères consistant d’une part à favoriser les régions les moins bien dotées en médecins et d’autre part en fonction des capacités de formation des centres hospitaliers universitaires (CHU).

Avant sa suppression, prévue à la rentrée universitaire 2020, le numerus clausus atteint un record. 9314 étudiants pourront accéder à la deuxième année de médecine en septembre prochain, soit une augmentation de 13,5 %.

Pour la 3ème année consécutive, la faculté de médecine de Tours, seule ville ayant un CHU en région Centre Val de Loire, où sévit la plus importante des désertifications médicales de France, n’aura pas d’augmentation de son numerus clausus.

Le doyen de la faculté de médecine de Tours affirme que « cette année, les doyens et l’ARS n’ont pas été consultés sur le numerus clausus » mais il signale « Si l’on m’avait posé la question, je n’aurai pas demandé d’augmentation du numerus clausus ». Il est essentiel de connaître les raisons de ces deux éléments.

Parmi les 6 départements de la région Centre Val de Loire, seul le département de l’Indre et Loire ne souffre pas de pénurie de médecins car un grand nombre de jeunes diplômés s’installent près de leur lieu de formation.

La région Centre Val de Loire est la seule région de France a n’avoir qu’un unique CHU.

Orléans est la seule métropole et capitale régionale à ne pas posséder de CHU.

Le 8 mars 2019, M. Jean Pierre Door, député du Loiret, rappelant ces anomalies délétères, a proposé l’amendement N°AS899 à la loi « Organisation et transformation du système de santé » qui aurait permis que le centre hospitalier régional d’Orléans (CHRO) devienne universitaire (CHU). Mme Stéphanie Rist, députée du Loiret et rapporteure de la commission des affaires sociales, qui a préparé cette loi sur la santé, a émis un avis défavorable à cet amendement qui a été rejeté par la majorité.

Le collectif CitLab milite depuis de nombreux mois pour la création d’un CHU à Orléans.

http://petitionpublique.fr/Default.aspx?pi=NHUO (pétition ayant obtenu près de 2500 signatures en quelques jours). CitLab a souhaité rencontrer tous les député(e)s et sénateurs du département du Loiret sur ce sujet. A l’exception des députés de LREM, toutes celles et tous ceux qui nous ont reçus sont favorables à un CHU sur Orléans afin de réparer une anomalie territoriale, d’augmenter l’attractivité et le rayonnement de notre région et de permettre à terme d’augmenter le nombre de médecins formés et installés sur notre territoire.

Nous ne sommes pas dupes. Le communiqué de presse du 13 mai, dans lequel les députés LREM locaux exigent une augmentation du numerus clausus en région Centre Val de Loire, n’est qu’une manœuvre politicienne. Ces députés de la majorité souhaitent ainsi faire oublier leur complicité dans la rupture d’égalité à l’accès aux soins dans notre région, illustrée, entre autres, par l’avis défavorable de Mme Rist à l’amendement pour que le CHRO devienne CHU.

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